NOTRE NOM EST PERSONNE

Je souhaite que tu puisses reconnaître quand tu essaies de changer avec des pensées ce qui ne peut être changé qu’avec des actions, avec le toucher, du repos, de la musique, des rires, des larmes, du soleil ou une longue balade sans destination.

Je souhaite que tu puisses détecter la fausse urgence qui sabote ton système nerveux, afin de conserver tes sonnettes d’alarme pour les situations qui les requièrent réellement.

Je souhaite que tes réalisations antérieures ne furent pas seulement que des brouillons de la personne que tu es maintenant, mais de précieuses collaborations qui ont porté des charges comme des trésors qui t’ont permis d’arriver ici avec des ressources que tu n’as pas acquis seulement par toi-même.

Quelle belle prière. J’aime les prières qui s’adressent à tout le monde. À personne en particulier, et à tout le monde en général. Car nous sommes tous et toutes la même et seule unique personne au fond. Comme dans le film de Sergio Leone, notre nom de code est personne.

Au fond de notre âme – ou est-ce au coeur ou au-dessus de celle-ci ? – nous ne sommes ni homme, ni femme, ni trans, ni queer, ni L, ni G, ni B, ni T, ni Q, ni plus ni moins.

Ni plus ni moins que seulement des âmes génériques incarnées dans des corps de chair, ou des corps de chair enveloppés par une âme, par un ptit bout d’âme. La même grande âme séparée en ptits bouts. À Djibouti ou à Chicago, à Delhi ou à Ouagadougou. Hi ha Mountain Dew ! Clin d’oeil aux plus vieux parmi nous. Miaou. Début septembre timinous. Sorry, je fais du coq à l’âme. Que nenni Nany (joke de l’inter rieur pour mon ami Ben).

Dans nos travaux spirituels ici, on a une prière que l’on qualifie de Clé de l’Harmonie – je l’ai incluse plus bas. Depuis qu’on la récite au début et à la fin de nos rencontres depuis des années, elle a changé ma vie. La coquine va. Je découvre que de souhaiter du bien à tous et toutes, avec sincérité et candeur, fait surtout du bien à soi. Oui doux doux en Mountain Dew de souhaiter le mieux à vous, le best à tous.

J’aime souhaiter ce qu’il y a de mieux aux autres. Pour vrai, pas juste en mots. Ça me donne la permission de se souhaiter le mieux à soi itou. Soi et mes proches, et nos proches de plus en plus loin, jusqu’à l’infini. Car anyway, comme disait Ramana Maharshi, il n’y a pas d’autres. Il n’y a toujours que soi.Et quand on regarde le monde, que soi que l’on voit. En des milliards de déclinaisons. En de multiples combinaisons.

Car nous sommes tous des proches au fond, tous des frères et des soeurs de la même grande famille humaine, animale et végétale même, la famille du vivant. Tous et toutes cousins cousines de la fesse gauche comme de celle de droite. Si on pouvait seulement appliquer ça en politique.

Parlant politique – oh non on ne parlera pas de ÇA icitt ? – ben oui un peu quand même, non mais quelle game stupide et plate que celle-là non ? Quiconque a déjà eu des enfants devrait savoir qu’on ne fait jamais de promesses qu’on ne pourra pas tenir, et qu’on ne veut même pas tenir anyway.

OK assez de politique, même si la vie est une grosse game politique au fond. Ou est-ce au-dessus des mêlé.e.s que les vraies choses se vivent ?

Tout ce blabla pour dire qu’on devrait, dès l’école, que dis-je, de la garderie même, nous apprendre à souhaiter le mieux aux autres avant et autant sinon même plus qu’on se le souhaite à soi-même. On découvrirait ainsi que lorsque les autres, soit soi-même dans un autre corps – sont heureux, on l’est automatiquement soi aussi. Ou jaloux et envieux, mais ça c’est pour une autre chronique. Ce qui démontre peut-être que nous sommes tous l’autre de quelqu’un.e. En tous cas, on n’est pas toujours soi-même, surtout quand on se prend pour un autre. Moi et l’autre disait l’actrice.

Je vous souhaite un beau et long week-end de la fête du travail. No sweat. Après ça, on pourra parler de rentrée pour de vrai. Bonne rentrée aussi alors. En soie. Tout doux Mountain Dew.

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CLÉ DE L’HARMONIE 

Je souhaite l’Harmonie, l’Amour, la Vérité et la Justice à tous mes soeurs et frères. 
Avec les forces réunies des vibrations silencieuses de nos pensées, nous sommes forts, sains et heureux, constituant ainsi un lien de fraternité universelle. 
Je suis satisfait et en paix avec l’Univers entier, et je souhaite que tous les êtres réalisent leurs aspirations les plus intimes. 
Je rends grâce au Père invisible d’avoir établi l’Harmonie, l’Amour, la Vérité et la Justice entre tous ses enfants. 
Ainsi soit-il. 

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On ne possède que ce à quoi on renonce.
Ce à quoi on ne renonce pas nous échappe.

En ce sens, on ne peut posséder quoi que ce soit sans passer par Dieu.

– Simone Weil, via Cristina RJ sur FB

BEAUTÉ BALEINIÈRE

On revient du Paradis ma voisine d’amour et moi. Le Paradis Marin à Grandes Bergeronnes. Si vous êtes déjà allés, vous savez de quoi je parle. Si pas, manquez pas ça. Unique. On vit avec les baleines.

Trois jours de vent, de rien, de levers de soleil, et de lune, mais surtout trois jours de magie, de surprise, d’émerveillement, de petite enfance toute émerveillée. On a toujours des yeux d’enfants quand on voit une baleine.

En fait, quand on observe les baleines, on ne peut pas vouloir les voir. On doit laisser notre regard vagabonder, scruter sans but, et si, et quand ça adonne, la voilà qui fait surface. Ou les voilà car parfois elles se tiennent en gang. Surtout les ptites. Comme les phoques. Et elles nous émerveillent toujours. Surtout les grosses baleines à bosses avec leur sploush bien sonore. On ne s’habitue jamais jamais à elles.

On a passé 3 jours à ne rien faire d’autre que regarder, et parfois voir. Car pas parce qu’on regarde qu’on voit. Pas toujours en tous cas. Comme dans la vie. On regarde par en avant et on ne voit que ce que l’on n’a pas. On regarde la vie et on ne voit souvent que ce qui nous manque. Et pourtant. Tant à voir, tant à apprécier. Quand on ouvre le coeur en plus des yeux.

Mon moment préféré était au petit matin. Avant que le soleil ne se lève au large. Seul sur la plage, avec ma douce. Et peut-être un ou deux autres au début. Puis ça commençait à s’oranger et graduellement, le feu pognait dans le ciel. Et en prime, parfois, une baleine venait fouiner et nous impressionner, comme si le spectacle n’était pas assez mindblowing et fllabbergasting.

Je l’avoue, quelques larmes de beauté ont coulé sur mes joues par moments. Peut-être parce qu’elles, les baleines, nous rappellent quelque chose. Peut-être parce que leur nombre diminue. Peut-être parce qu’on vient d’elles.

Mon autre moment préféré consistait à sauter sur les roches qui bordent le bord de mer justement. Comme un ptit gars. De grosses roches rondes, arrondies. Comme des dos de baleines quoi. Un peu épeurant, mais pas trop. Juste assez pour avoir du ptit fun noir. Pas de peur bleue, que du bonheur rosé et salé.

Comme les mots ne peuvent rendre la beauté, ci-bas quelques photos pour vos yeux à vous aussi.

Et la vie continue… avec toute cette beauté au coeur désormais. Inoubliable.

Presque pleine lune
et feu…
vue de la maison
À gauche au large la baleine, en avant une roche qui ressemble à une baleine.

DE TOUT COEUR

Écoute le vent, il chante Écoute le silence, il parle. Écoute ton coeur, il sait.

Ce matin, aucun mot ne peut sortir de mes doigts.

Qu’une immense tristesse suite aux événements survenus récemment au Tibert/Népal.

La force des images est bouleversante.

Pendant ce temps, ici, on vaque à nos destins locaux comme si de rien n’était ou presque. La futilité des discours électoraux, le gros acteur américain et ses pitreries.

Mon ami Louis m’a envoyé ce témoignage touchant de Sadghuru.

Alors ce matin, devant tant d’impuissance, je me la ferme pour écouter mon propre coeur, pour écouter nos coeurs à l’unisson, nos coeurs qui sentent et résonnent. Notre seul et même coeur. Pour me relier aux coeurs des gens qui sont partis avec la vague, comme les gens qui ont perdu des proches.

Car hier, c’étaient eux, et qui sait ce que demain apportera. Alors maintenant, réunis dans notre humanité commune.

Mais pour écouter le coeur, on doit faire taire la tête un peu. Du moins, la faire passer au second plan.

MY GOD, CALMONS-NOUS LE PONPON AVEC LE MOT DIEU

Il existe quelque chose ici que la tête ne peut saisir.
Quelque chose que les mots ne peuvent décrire.
On peut le sentir, mais dès qu’on essaie de le nommer, ça devient un autre concept.
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Le Tao qui peut se parler n’est pas le Tao éternel. – Tao Te Ching

Il y a quelques jours, je postais ce meme.

Et bien sûr, quelqu’un a réagi en me demandant qui était ce Dieu ? et si j’avais déjà rencontré ce gentleman ?

Souvent ce genre de réaction devant le fameux mot de 4 lettres. En passant, que trois en anglais. Les 3 lettres inversées de chien. Un signe ?

Mais qui a dit que Dieu était un homme ? Qui prétend connaître Dieu ? Quelques-uns le prétendent, je sais.

Dieu est un mot passe-partout, qui veut tout dire et, en même temps, qui ne veut rien dire.

Ça prend bien un mot pour définir le Grand Mystère, le Grand Esprit, la Vie, l’Existence, nommez le comme vous voulez, ou nommez-le pas du tout. Je connais d’ailleurs de nombreux athées qui ne le nomment jamais, niant même son existence, mais qui en sont obsédés. L’athéisme me semble la plus intense et obsessive des religions. Se forcer autant, avec tellement de mots, pour tenter de prouver que quelque chose n’existe pas en est – presque – drôle.

Je n’ai aucun problème avec les différents noms du dit Dieu, ce mystère dans cette mer dans laquelle baignons vous et moi. Certains y surfent, d’autres y coulent. Probablement que ce Dieu est davantage quelque chose qu’un quelqu’un ou une quelqu’une. Comme nous d’ailleurs. Il me semble que nous sommes davantage quelque chose que quelqu’un.e. Davantage une chose qu’une personne. On verra plus clair à notre mort quand on cessera de se prendre pour quelqu’un.

L’adage qui veut que Dieu ait créé l’Homme à son image me semble doublement fautif. Premièrement, pourquoi l’Homme, et non pas les personnes ? Ou Personnes si on veut jouer du majuscule. Et deuxièmement, je crois qu’on a exprimé la formule à l’envers: ce sont les humains qui ont créé leurs propres petits Dieux locaux à leur propre image, pas pour rien qu’il y en ait autant de différents qui, par hasard, ressemblent aux habitants des différentes régions du globe.

Certains personnes réagissent automatiquement dès qu’elles entendent le nom Dieu. Pourtant, Dieu n’est pas un nom, il me semble davantage être un mot. Un ptit mot en plus. Un terme générique utilisé pour décrire ou définir un grand mystère autour duquel n’existe aucune preuve sans faille de son existence. On en parle beaucoup mais personne ne l’a vu. Ou tout le monde le voit sans cesse sans le reconnaître ?

Alors peut-être qu’on devrait relaxer un peu avec ce mot de quatre lettres ? Et arrêter de se battre en son nom ?

De toute façon, Dieu est non seulement transgenre, il est multiformes, omniprésent, omniscient, partout, en tout et nulle part ailleurs.

Ielle est la vie, tout et son contraire, le bien des uns comme le mal des autres, l’entièreté de l’Existence, le peu de connu que l’on pense posséder et l’immensité de l’inconnu qui nous englobe.

Dieu n’est que ça, Dieu est tout Ça. L’ensemble des couleurs de l’arc-en-ciel, et ni plus ni moins que tous les noms des palettes de couleurs des diverses compagnies de peinture. Et Dieu sait que ça c’est vaste et hautement créatif. Oh my God.

Si Dieu existe, il/elle/ça est responsable de toutes les catastrophes naturelles, comme de l’invention de tout ce qui vit, en commençant par les humains, sa créature la plus brillante et créative et la plus stupide et destructrice en même temps. Faut le faire.

On pense avoir inventé Dieu, mais peut-être que ce n’est que nous au fond qui nous sommes fait des acrroires.

De toute façon, Dieu est bien relatif/ve. On peut soit le/la nier, soit lui parler, soit l’entendre. Les conséquences risquent d’être légèrement différentes.

Oh my God ! Ah your dog.

Et avec votre Esprit. Sain de préférence. Ou pas si vous préférez vous définir comme athée. Tout bon, tout bon. Moi, puisqu’il le faut, je continuerai de me définir comme ati alors. Fils de Dieu. Whatever It/She/He means.

Ci-bas, quelqu’une qui parle directement à Dieu et qui s’en remet à lui/elle/ça pour trouver le courage. Je ne sais pas s’ielle lui répond mais peu importe, Dieu est un.e agent.e libre d’esprit qui embrasse toutes les religions comme tout ce qui vit.

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MESSAGE AUX ZEN AMIS

Puisse ton esprit être fort
Puisses-tu te sentir en sécurité et protégé.e
Puisses-tu être rempli.e de guérison profonde
Puisses-tu être pris par l’amour.

Il existe une étrange expression qui dit : je ne souhaiterais pas ça à mon pire ennemi. Étrange, mais je comprends l’idée même si je doute qu’elle soit sincère. De toute façon, ce que l’on souhaite aux autres on se l’inflige à soi-même en tout premier lieu.

Eh bien, moi je souhaiterais tout ceci à mon pire ennemi si jamais j’en ai un et de surcroit, si j’en ai un pire que les autres :

Puisse ton esprit être fort
Puisses-tu te sentir en sécurité et protégé.e
Puisses-tu être rempli.e de guérison profonde
Puisses-tu être pris par l’amour

Et qui plus est, je lui souhaiterais de connaître le grand amour, oui oui, celui avec un Grand G, pour qu’il/elle ait envie d’aimer autrui à l’infini. Je lui souhaiterais qu’il/elle reçoive l’abondance sur tous les plans, pour que ça ne puisse que déborder et qu’il/elle n’ait qu’envie que ça rejaillisse sur les autres. Lui souhaiterais aussi qu’il/elle soit si heureux/se que s’apaise à jamais son besoin de chicane et que la paix soit la seule chose possible dont aurait besoin son coeur.

Je sais, je sais, je rave.

Mais si et quand on a un.e. ennemi.e, on ne peut que lui vouloir du bien, sinon on ne fait qu’empirer la situation de tous et toutes non ?

Tant de confrontations ces jours-ci. Full guerres de toutes sortes, meurtrières, tarifaires, ça va faire. Une vraie industrie mortifère.

Les humain.e.s sont clairement des êtres de dualité, des batailleurs, des guerriers, des motherfuckers.

On aime beaucoup la haine on dirait bien.

Pourtant les gens avec qui on se frotte peuvent devenir nos plus grands enseignants, nos plus grandes leçons de vie. Eux et elles qui nous montrent les plus riches et enfouis côtés de soi.

Depuis la nuit des temps, on vénère la loi du plus fort, la loi de la jungle, l’alphaïtude. Mais me semble qu’aucun animal ne soit aussi perversement guerrier que les humains. Les sports professionnels reposent sur un seul et unique gagnant, les affaires sont bâties sur les plus gros profit$, on dirait que la survie entière dépend de ce principe désormais. Les réseaux sociaux – le peu que j’en connaisse du moins car que sur FB – sont devenus des rings de mots boxés. Poings virgules.

Au yable la collaboration et l’entraide, sauvons notre propre peau semble être le motto du moment, and let’s be number ouane. Pas partout bien sûr, mais en plusieurs endroits for sure. Du moins, ce sont ces histoires qui dégénèrent qui génèrent la tension et qui captent le plus l’attention. Tension attention et le ton monte. Comme les profits visés à tout prix.

Pourtant, tel que l’avance Saadi: un coeur noble refusera tout bonheur qui s’est construit sur le malheur d’autrui.

On dira que si les choses sont telles qu’elles sont en ce moment sur la terre, c’est probablement parce que l’humanité a besoin d’apprendre une leçon en particulier. Maybe baby. Mais sincèrement, ça fait longtemps que ça dure et qu’on ne semble pas avoir appris grand-chose. Vraiment pas certain si on va s’en sortir ainsi.

Alors en guise de conclusion ce matin, en désespoir de cause, de choses et de prose, aux grands maux les grands mots hein ? Ceux de Rumi (s’ils sont bien de lui ou quand même si pas).

Allons mes amours, adorons-nous les un.e.s les autres avant qu’il n’y ait plus ni de toi et moi.

Redevenons doré.e.s, et brillant.e.s.

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Bien peu de gens savent aimer, parce que bien peu savent tout perdre.
Après un grand amour, c’est comme après la mort pour ceux qui en réchappent : on s’étonne du temps qui reste.
On ne veut plus l’occuper ce temps.
Comme ceux qui reviennent des blanches autoroutes d’un coma, on garde au fond de l’âme la douceur irradiée du grand amour.
Elle tient lieu désormais de volonté et de désir.
Elle tient lieu d’avenir.
Toi que j’ai si longtemps aimée, je t’aime encore et c’est comme l’eau claire de la chanson, jamais je ne t’oublierai.
Avant de te connaître, j’entrevoyais quelque chose de toi dans les visages passés à l’encre sentimentale des livres.
Et puis j’ai quitté cet imaginaire-là.
Le grand amour nous engloutit si fort dans un seul attachement que la lassitude vient un jour de tous les attachements, que c’en est fini de tout mensonge sentimental et qu’il ne reste que l’amour nu.
L’amour n’est pas un sentiment.
Tous nos sentiments sont imaginaires et, si profonds soient-ils, nous n’y rencontrons que nous-mêmes, c’est-à-dire personne.
L’amour n’est rien de sentimental.
L’amour est la substance épurée du Réel, son atome le plus dur.

L’amour est le Réel désencombré de nos amours imaginaires.

~ Christian Bobin, L’épuisement

MARCHER LE GRAND MYSTÈRE

Mais dites-moi cher lecteur/trice, ça se trouve où ça donc ce centre de la volonté de Dieu que je m’y réfugie et m’y blottisse ?

Dans notre propre coeur ?

Dans un pays imaginaire ?

Dans un écran près de chez-nous ?

Ou au milieu d’un troupeau de moutons comme sur la photo ? Image parlante s’il en est une. Bêlante même.

Pas mal certain que chacun.e d’entre nous, humain,e.s comme animaux, on cherche, pour soi et pour nos proches, cet endroit le plus sûr du monde. On recherche tous et toutes, OK OK la plupart d’entre nous, la sécurité, l’aisance, la joie, la feel good vibe. Normal, naturel, humain.

Mais pas toujours ça que l’on vit évidemment.

Alors on fait quoi ?

On évite et on invente ?

On force ou on fonce ?

On ne fait rien, rien d’autre que confiance, et on voit au fur et à mesure ?

Mais dans ce cas, accepter ce qui est, est-ce abdiquer ? Se résigner ? Les questions se posent.

Et qu’est-ce que ce fameux ce qui est ? Car multiples ces choses qui sont.

Tout comme toutes les images empruntent leur réalité aux écrans, toutes les pensées, sensations et perceptions empruntent leur réalité apparente à moi-même, à ma conscience.
– Rupert Spira

Ainsi donc, n’est-ce pas nous au fond qui créons cet endroit le plus sûr du monde ? Il nous reste à figurer le centre de la volonté de Dieu. Dieu est un gros mot pour certains.

Ici ,dans nos contrées relativement paisibles et privilégiées, on jouit du luxe de se poser de telles questions en relative sécurité justement. Comme on dit, tout est relatif. Apprécions donc cette relative relativité.

Mais je me demande encore si on peut réellement trouver un lieu sûr en cette existence si incertaine, mouvante et même inquiétante ces jours-ci ?

Ou ne doit-on pas le créer en soi, et le recréer sans cesse, cet endroit le plus sûr du monde ?

Peut-on l’apporter avec soi ? Comme une tortue porte sa carapace avec elle-même lors de tous ses déplacements ? Si c’est le cas, ça ne peut que se faire lentement si on veut que ça se fasse sûrement comme le veut le dicton. Et même là, quelque chose de sûr en ce bas monde ? Car même Dieu suscite tant de doutes.

Je sais une drôle de chronique ce matin. Mais la vie, comme la mort, est ainsi faite parfois.

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Pour moi, la mort reste un mystère.
Je crois qu’une grande partie de la condition humaine tient au fait d’accepter de ne pas savoir.
La sagesse, c’est d’avancer, pleinement, intensément, en n’ayant pas de réponse à des questions essentielles.
Et peut-être de répondre en avançant, ce qui est mettre la vie au service de la vie.

– Eric-Emmanuel Schmitt via Cristina RJ

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On s’aperçoit qu’on devient désert quand quelqu’un que l’on aime meurt.
Qu’on n’a pas d’autre sens que d’être habité par des gens dont la présence nous réjouit ou dont le seul nom nous éclaire.
Et quand ces présences s’éteignent, que les noms s’effacent, il y a un moment étrange et pénible où l’on devient à soi-même comme une maison vidée de ses habitants.
On n’est propriétaire de rien au bout du compte.

– Christian Bobin

LE KARMA LÉON, LE KARMA

Agis envers ceux en aval tel que tu voudrais que ceux en amont agissent.
– Wendell Berry

Ou dit en d’autres mots : pisse pas dans l’eau potable de tes voisins d’en bas, comme tu ne voudrais pas que ceux d’en haut pissent dans la tienne.

Simple non ? Non, en effet, pas si simple pour nous qui faisons nos numéros 1 et 2 dans de l’eau potable alors que d’autres meurent de soif sur terre.

Et pour nous qui sommes si centrés sur nos propres besoins, qui ne sentons pas toujours la connexion avec autrui, avec notre environnement, aval et amont ne sont que deux termes qu’on a tendance à mêler, Et Laval que la ville des centres d’achats au nord de Mouréal.

En fait, on descend ou on monte le fleuve quand on va en Gaspésie ?

Amont = d’où l’on vient. Aval = où l’on va.

Dans certaines traditions amérindiennes, il existe le principe des sept générations qui veut qu’on hérite de ce que les sept générations précédentes à la nôtre nous ont légué et que les décisions que nous prenons aujourd’hui devraient léguer un monde durable aux sept prochaines générations. Clairement, on est en train de manquer la cible pour l’aval.

Pourtant simple en effet en principe d’agir envers autrui comme on voudrait que les autres agissent envers nous. Mais ça prend un peu d’empathie, comme une capacité de se mettre à la place de l’autre. Et parfois, de faire quelques sacrifices.

Ce qu’on appelle aussi karma.

Parlant karma:

Dans les traditions bouddhistes, le karma n’est pas principalement une récompense ou une punition infligée par une force extérieure.
Le karma signifie fondamentalement action – et, plus précisément d’un point de vue bouddhiste, action intentionnelle.
On sème constamment des causes par nos actions, nos paroles et nos mouvements intérieurs.
Certaines graines peuvent mûrir beaucoup plus tard. Mais d’autres commencent à faire leurs effets presque immédiatement.
C’est là que l’expression « karma instantané » devient intéressante.
Je prononce un mot blessant sous l’emprise de la colère.
À peine trente secondes plus tard, quelque chose a déjà changé : le visage de l’autre personne se ferme, la confiance s’érode et mon propre esprit reste agité.
Le karma est déjà à l’œuvre.
À l’inverse, j’aborde une situation avec une véritable bienveillance.
Je souris. J’écoute attentivement quelqu’un.
Je fais un geste sans rien attendre en retour.
Encore une fois, quelque chose arrive tout de suite : la distance entre nous change.
Et mon propre esprit est aussi transformé par l’action que je viens d’entreprendre.
Peut-être que le premier endroit où notre karma mûrit est dans notre propre esprit.
Chaque fois que je nourris la colère, je la rends un peu plus familière.
Chaque fois que je cultive la compassion, je la rends un peu plus naturelle. Instant après instant, on participe donc à la création des conditions qui façonneront l’instant suivant.

L’image du boomerang est très évocatrice, à condition de ne pas la réduire à un mécanisme simpliste : « J’ai mal agi jeudi, donc il m’arrivera malheur vendredi. »
Le karma est beaucoup plus complexe.
Une multitude de causes et de conditions s’entrecroisent.
Il faut aussi faire preuve de délicatesse face à la souffrance d’autrui.
Dire à quelqu’un qui traverse une maladie, un deuil ou une catastrophe : « C’est ton karma », peut être une terrible preuve d’insensibilité.
Nous ignorons l’enchevêtrement complexe des causes qui composent la vie d’une autre personne.
Une véritable compréhension du karma devrait donc nous rendre plus responsables envers nous-mêmes et plus compatissants envers les autres, et non plus enclins à les juger.
C’est pourquoi les paroles de nos amis spirituels nous ramènent sans cesse à une vérité fondamentale : Regarde maintenant.
Qu’est-ce que tu fais maintenant ?
Qu’est-ce que tu dis maintenant ?
Qu’est-ce que tu cultives en toi en ce moment ?

Car le karma n’est pas simplement un mystérieux système comptable qui nous attend dans une existence future.
Il est aussi présent à ce moment précis, quand une pensée devient intention, l’intention devient parole, la parole devient action, l’action devient habitude… et l’habitude finit par façonner une vie.
Et ça s’accorde parfaitement avec tout ce qu’on explore autour de la Présence.
Être présent, ce n’est pas seulement contempler paisiblement ce qui est.
C’est aussi devenir suffisamment conscient pour percevoir la cause au moment même où elle surgit.
Avant la parole blessante, voyez la colère.
Avant le geste généreux, ressentez l’ouverture du cœur.

Avant de répéter un vieux schéma, reconnaissez le mouvement qui tente encore une fois de nous emporter.
Et parfois, dans ce minuscule espace de conscience, on peut désamorcer le boomerang avant même qu’il ne soit lancé.
C’est peut-être une belle façon de comprendre la liberté au cœur même du karma : nous héritons d’innombrables causes et conditions que nous n’avons pas nécessairement choisies, mais dans l’instant présent, nous participons déjà aux causes de ce qui va advenir.

La question n’est donc plus tant : « Quel karma m’attend ? » »
Elle devient : Quelle graine suis-je en train de semer, en ce moment même ?

PARTY DE FOI

La foi n’est pas une question d’existence ou de non existence de Dieu. C’est croire que l’amour sans récompense est précieux.
– Emmanuel Levinas

Le mot foi a beau être un mot de seulement trois lettres, c’est probablement l’un des mots les plus longs qui soit. Le plus long à apprendre, à développer, le plus long à mettre en pratique. Le plus ardu aussi.

Quand on regarde le sort que font subir certains humains à leurs frères et sœurs ici-bas, il n’est pas toujours simple ni aisé d’avoir la foi, de conserver la foi.

Je dis conserver la foi, mais du même souffle, je me demande si l’on a déjà la foi en soi en naissant ? On dirait que certains penchent davantage vers le doute que vers la foi. Certains doutent de la foi.

Pour certains la foi est une croyance, une certitude même, mais dans ce cas, qui vivra, et mourra, verra. Ou pas.

Pour d’autres, la foi est un ressenti, une disposition intérieure, une intuition, un gut feeling.

La foi me semble davantage concerner le coeur que la tête. L’inconnu, un saut dans le vide. Sans garantie aucune.

Mais comme le dit Mr Levinas ci-haut, une chose semble relativement claire, la foi n’est pas une croyance en l’existence ou la non-existence de Dieu. Ou d’un Dieu car les Dieux sont multiples et bien souvent créés à l’image de l’homme – plus que de la femme, étrange – et non l’inverse comme nous l’ont répété les prêtres de notre enfance.

Si personne ne sait vraiment si Dieu, ou le concept de Dieu, existe, ni ce qu’il ou elle est, on sait par contre que nous sommes en vie, que nous sommes ici, que quelque chose se passe ici-bas. Quoi ? est une autre affaire

Et on sait, si on a déjà ressenti l’amour, que les sentiments humains de cet ordre sont ce qui existe de plus près de la présence de Dieu. Le coeur nous l’indique.

Ainsi, on pourrait dire que l’amour plante les graines de la foi.

Si on peut traduire love without reward par l’amour sans récompense, on pourrait aussi le traduire par l’amour sans objet. L’amour pour la simple joie d’aimer, de ressentir l’amour passer en soi, sentir son coeur déborder de soi. Que cela soit dirigé vers autrui, vers une cause ou vers une activité, peu importe.

Quand on a ressenti l’amour une fois, dans sa vie on en veut de nouveau. Certains, trop pris dans l’objet de cet amour, restent nostalgiques de cet amour antérieur, voulant le répéter sans cesse ensuite alors que d’autres, qui ont été meurtris par cette ouverture à l’ amour, le craignent et referment leur coeur à jamais.

On doit apprendre à s’aimer soi-même pour commencer, car on dit que tout part de là. Mais il ne faut pas surtout s’arrêter là car sinon ce prétendu amour ne reste qu’égoïsme et narcissisme. Et ça on le voit à l’oeuvre amplement de nos jours sur tous les écrans du monde.

Apprendre alors à aimer les autres, aimer le monde, aimer la vie devient le but et le résultat ultime de la foi.

On dit qu’on doit tout d’abord être aimé.e avant de pouvoir aimer autrui. Maybe baby. Mais maybe not aussi. Car on peut apprendre à donner ce que l’on n’a pas reçu enfant. Et comme on dit, c’est en donnant que l’on reçoit. St-François d’Assise l’a si bien exprimé.

La foi est un bien grand mot au fond malgré ses trois petites lettres toutes simples. Qui ne s’apprend pas en croyant ni en espérant, mais qui ne s’apprend qu’en mettant ses tripes sur la table du travail quotidien.

Ma foi du bon Dieu, ça fait du sens ça non ?

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Ceux qui ont une foi profonde, ceux qui ont l’expérience de la foi, savent que Dieu est une rencontre au plus intime de soi.
Il ne s’agit pas de chercher Dieu derrière les étoiles, dans les hauteurs, dans cette espèce de gloire qui est une formule.
Il s’agit de le chercher ici, dans cette perspicacité au cœur de nous-mêmes où il demeure et où il nous attend.

– Maurice Zundel via Cristina RJ

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Vous cherchez le bonheur dans le tumulte de votre sang.
Parfois vous le trouvez, parfois vous le perdez.
Mais la joie dont je vous parle n’est rien de semblable.
Elle n’est ni heureuse ni malheureuse.
Elle est insouciance du bonheur comme du malheur.
Je ne vous demande pas de chercher en vous-mêmes.
Je vous invite à être comme la terre nue, oublieuse d’elle-même, faisant même accueil à la pluie qui la bat et au soleil qui la réchauffe.

– Christian Bobin via Cristina RJ

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et ci-bas, un de mes classiques de Gangaji


ET DANSONS MAINTENANT

Comment te décrirais-tu ?
Verbalement, mais je vous aussi préparer une ptite danse.

Moi je vous ferai plutôt une ptite chronique plutôt qu’une danse OK ? Car j’ai les deux pieds dans la même babine.

Je ferai danser les mots. Je les enfilerai les uns après les autres, sans sens unique, mollement, bêtement, aisément. Question de me défiler d’une description malaisante. Car de toute façon, peut-on réellement se décrire comme ça vu de l’intérieur ?

Petite danse de mots pour ne pas dire quelque chose d’important car je ne crois que pas que ce que j’ai à dire l’est tant. Non, ça n’importe pas tant mes ptits mots tannants et détonnants. Mes mots sont plus impotents qu’importants. Plus cons que féconds. Car que j’écrive ou pas, ça n’importe pas tant sur le sort du monde. Important de connaître son insignifiance. Nous ne sommes pas si importants même si nous sommes tous et toutes sacrés. Sacrés humains va.

Se permettre de jouer avec le sens des mots et danser en ligne entre les dignes lignes pour les faire sonner, ding et dong. Sauter du coq à l’âne. De Cocorico à Hi Han Hi Han.

Comment pourrais-je me décrire ? En fait, devrais-je le faire ?

Répondre à une question par une question a toujours été une belle façon de se défiler. Pas celui de la coupe Stanley. Et de répondre de ses actes par des paroles. Utiles ou futiles ? Qu’un f de différence notre propre existence.

J’aime les mots fous fous, les mots flous et à double sens uni, les mots qui se fouent de nous, comme du sérieux et du prêt à penser. Je mâche mes mots pour mieux les régurgiter, je fouette mes mots pour mieux les crémer. Wicked cream. Joke steak bilingue patates. Party chinois. Écrire pour se faire frire soi-même. Frime puff. Rime poche. Rein poché. Et jeux cernés.

Dès qu’on écrit, on se décrit un peu. Comme disaient les Cyniques, avant de parler j’aimerais dire quelque chose. Moi je ne dirai rien qui vaille mais j’écrirai mes failles. Oui chères ouailles. Avec ou sans la plaisance d’un avocat. Je les taperai sur l’écran via mon clavier, via mes doigts, via ce qui pense en moi et ce qu’il me faille dire. Sans jamais médire car médire sera toujours retenu contre soi. Loi du karma et annales akashiques.

J’écris sans savoir ce que ça veut dire. Ça ou Je ? Est-ce une question ? Voyez ? Je l’ai refait. Répondre à une question par une autre question I mean. Question de jouer avec les mots. J’aime jouer avec les mots car sinon ce sont eux qui se jouent de moi. Ils me jouent des tours tout le tour de la tête, me font dire n’importe quoi et ils s’entêtent à me jouer dans les joues avant de sortir prendre l’air. Je préfère parler des doigts. C’est plus délétère. Ctrl Alt délit. J’ai l’doua.

Me décrire ? Vraiment ? Jamais 203. Voyez ? Je ne joues pas qu’avec les mots, je joues avec les chiffres aussi. Je les dénombres dans la pénombre. Oui oui, vous pouvez compter sur moi. Je suis un compteur nez. Que je porte gros d’ailleurs. Au milieu du visage. Celui qui tient mes lunettes désormais.

Je suis un Sol en herbe, un Sol en herbe à puce. Je suis fiché. Sol mais un tout petit Sol. Eille ! Et tout aussi Gobelet. Un clown des mots, le clown des sots. Désole de mes sottises. Mais pas vraiment.

Je pense jouer ave les mots mais ce sont probablement eux qui se jouent de moi, eux qui déjouent mes plans. Je pense dire quelque chose et au fond, comme en surface, ce sont eux qui m’utilisent pour rire de moi.

Tant de sottises en moi comme en ce bas monde, devant nos yeux et dans nos écrans. Si on sortait de l’écran plutôt que d’y entrer, la vie serait beaucoup plus simple. Mais il est trop tow tow pour ça.

Alors écrire par non-sens simplement pour déjouer l’indécence de la vie sur terre qui prend place en ce moment. Chercher l’humanité dans l’inhumanité ambiante à laquelle on assiste, impuissants devant tant d’horreurs. OK OK chercher quand même la beauté et la bonté.

Ressentir l’impuissance devant tant de drames humains. Jouir de notre vie de privilégiés gras durs ici pendant qu’une partie de la planète meurt littéralement sous et devant nos yeux. De faim, de secousses sismiques, de sécheresse ou sous les bombes. Et nous ici, aisés easy, on assiste à tant de stupidité naturelle crée par l’intelligence artificilelle. On devrait peut-être arrêter le progrès.

Ça prend un bon moral pour résister au cynisme devant tant d’immoralité ambiante. On tente de voir le coeur des gens, mais certains nous rendent la job bien difficile.

Alors il nous reste les mots pour jouer avec le sens de l’humour, sans jamais perdre le sens de l’amour. Et la danse.

Danse lorsque tu as le coeur ouvert.
Danse lorsque ton bandage a cédé.
Danse au milieu du combat.
Danse lorsque tu saignes.
Danse lorsque tu es parfaitement libre.

– Rumi

QUOI LE SOI ?

Le plus long voyage ne consiste pas à faire le tour du monde mais de revenir à soi.

C’est peut-être le plus long voyage parce qu’il n’y a nulle part où se rendre ?

Car lorsqu’on parle de soi, on parle de quoi ?

C’est quoi le soi ? Qu’il s’écrive avec un ptit esse ou un MAJUSCULE. Pas une différence capitale il me semble.

Non, sérieux, quoi le soi ?

La présence qui observe, pense, note, regarde, sent et ressent ?

Ce qui se souvient de ce qui nous est arrivé ? Du moins de ce qu’on s’en souvient.

Ou ce que l’on construit à partir du rien que nous étions au début de notre incarnation ?

Car on a beau se référer à un soi, ou au Soi, ce soi/Soi perdurera-t-il lorsque notre corps cessera de vivre, lorsque notre coeur cessera de battre ?

Et ce fameux soi/Soi ne serait-il jamais plus qu’un moi au fond ? Au fond de soi bien sûr, mais au fond de quoi ? Et s’il n’y avait pas de fond, ni de plafond ?

Quoi le soi ?

Ce qui voit ? Ce qui parle ?

Et au début de la vie, est-ce qu’il y une telle chose qu’un Soi ?

Ou qu’une petite graine de soi/Soi ? Qu’un germe de soi /Soi.

Ou ce fameux moi – surtout avec un M MAJUSCULE ces temps-ci – dont tout le monde parle ne serait-il pas qu’un soi/Soi disant ?

Un soi/Soi ne me disant pas grande chose d’autre qu’une illusion ?

Les questions se posent. Et se reposent, mais ne sont pas reposantes pour qui quiconque a déjà pris part à un Satori.

Qui suis-je ? Ou Que suis-je plutôt ?

Comme on disait, un peu baveux dans notre jeunesse: moi j’suis moi et toi t’es toi.

Au-delà de notre personnalité, de notre identité, existe-t-il quelque chose de plus ?

Est-ce qu’une petite part de Dieu est déposée en nous au moment de note conception ? Qu’on l’établisse au sein de notre mère ou à notre sortie.

J’ai comme l’impression qu’on mêle parfois personnalité et identité séparée du grand tout avec la part de Dieu en nous. Nous ne sommes pas primordiaux en cette existence et la vie va en effet continuer à peu près telle quelle après notre départ du corps. Mias nous portons tous une part sacrée en nous, un petite morceau de Dieu.

J’aime penser que notre âme, une graine de Divinité, repose au coeur de notre coeur. Et que lorsque la vie se met à y battre, avec le premier souffle, la premier inspire, seulement alors la vie prend forme et le coeur y battre.

Et que seulement alors le petit soi/Soi que nous venons expérimenter prend vie. Et à mesure que le soi/Soi se considère séparé du reste, il devient moi/Moi. Et que la job d’une vie consiste à retrouver le sens du soi/Soi. Avant notre dernier souffle, avant notre dernier expire.

Soit. Et ainsi soit-il.